
Fiscalité
Vendre son entreprise et réinvestir : l’apport-cession à Montréal-du-Gers
Dirigeant sur le point de céder sa société ? Un mécanisme permet de reporter l’impôt sur la plus-value, sous conditions.
À Montréal-du-Gers, comme partout, un dirigeant qui vend sa PME après des années de développement réalise souvent une plus-value importante — et une note fiscale à la hauteur. Le mécanisme de l’apport-cession, prévu à l’article 150-0 B ter du Code général des impôts, permet, sous conditions, de reporter cette imposition en réinvestissant le produit de la vente dans l’économie. Un outil puissant mais technique, durci par la loi de finances pour 2026. Explications pour un dirigeant du Gers.
Céder son entreprise : le choc fiscal
Lorsqu’un dirigeant vend les titres de sa société, la plus-value réalisée est en principe imposée, le plus souvent au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, prélèvements sociaux compris (depuis la hausse des prélèvements sociaux au 1er janvier 2026). Sur une cession portant sur plusieurs centaines de milliers d’euros, la facture peut amputer lourdement le fruit de toute une carrière. D’où l’intérêt d’anticiper la vente, bien avant la signature, pour étudier les leviers légaux qui permettent d’en atténuer l’impact et de réinvestir dans de bonnes conditions.
L’apport-cession, comment ça marche
Le principe se déroule en trois temps. Le dirigeant apporte d’abord les titres de sa société à une holding soumise à l’impôt sur les sociétés qu’il contrôle. La plus-value d’apport est alors placée en report d’imposition. La holding revend ensuite les titres : comme elle les a reçus à leur valeur du jour, la cession ne dégage généralement pas ou peu de plus-value taxable. Le produit de la vente reste ainsi disponible, dans la holding, pour être réinvesti.
L’obligation de réinvestir
Le report n’est maintenu que si la holding conserve les titres apportés au moins trois ans, ou, en cas de revente avant ce délai, réinvestit une part importante du prix dans une activité économique. La loi de finances pour 2026 a durci cette exigence : pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026, le quota de réinvestissement passe de 60 % à 70 % du produit, dans un délai de trois ans, et les actifs acquis doivent être conservés au moins cinq ans. Le champ des réinvestissements éligibles reste encadré.
Un report, pas une exonération
Attention au contresens : l’apport-cession ne supprime pas l’impôt, il le diffère. La plus-value reste en report tant que les conditions sont respectées ; elle redevient exigible si la holding est vendue ou si les engagements ne sont pas tenus. Le report peut toutefois s’effacer définitivement dans certaines situations, notamment au décès du dirigeant, ce qui en fait aussi un outil de transmission. Le montage se pense donc sur le long terme, en lien avec les projets patrimoniaux et familiaux.
Un montage à sécuriser
La force de l’apport-cession est aussi sa complexité : ordre des opérations, rédaction des actes, choix des réinvestissements, respect des délais. La moindre erreur peut faire tomber le report et déclencher l’imposition. Ce dispositif se met en œuvre avec un accompagnement coordonné entre le conseil en gestion de patrimoine, l’expert-comptable et le notaire. À Montréal-du-Gers comme ailleurs dans le département, mieux vaut l’étudier très en amont de la cession.
| Étape | Ce qui se passe | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Apport | Titres apportés à une holding à l’IS | Holding contrôlée par le dirigeant |
| Cession | La holding revend les titres | Plus-value placée en report |
| Réinvestissement | 70 % du prix dans les 3 ans | Conservation 5 ans des actifs |
Le terme de la semaine : le report d’imposition
Le report d’imposition permet de figer une plus-value sans la taxer immédiatement : l’impôt est calculé mais son paiement est différé, tant que certaines conditions sont respectées. Dans l’apport-cession, la plus-value d’apport des titres à la holding est ainsi mise en report, et peut même s’effacer dans certains cas, comme au décès du dirigeant.
Pour aller plus loin
Préparer la cession de son entreprise demande méthode. Voici trois pistes pour approfondir.
Optimisation fiscale
Étudier les leviers avant la cession.
Transmission
Articuler cession et transmission familiale.
Bilan patrimonial
Replacer la cession dans une stratégie globale.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’apport-cession (150-0 B ter) ?
C’est un mécanisme qui permet à un dirigeant d’apporter les titres de sa société à une holding qu’il contrôle avant de les céder. La plus-value d’apport est placée en report d’imposition, sous réserve de conserver les titres ou de réinvestir le produit dans une activité économique.
Combien faut-il réinvestir après la cession ?
Depuis la loi de finances pour 2026, pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026, la holding doit réinvestir au moins 70 % du produit de la vente dans les trois ans, et conserver les actifs acquis au moins cinq ans. Auparavant, le seuil était de 60 %.
Le report d’imposition est-il définitif ?
Non, c’est un report, pas une exonération : l’impôt redevient exigible si les conditions ne sont plus respectées. Le report peut toutefois s’effacer dans certains cas, notamment au décès du dirigeant, ce qui en fait aussi un outil de transmission.
Vous préparez la vente de votre société ?
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